Se séparer d’un salarié : guide complet des procédures
La séparation avec un salarié est toujours un moment délicat. Que l’initiative vienne de l’employeur ou du collaborateur, il existe plusieurs façons de rompre le contrat de travail. Chacune répond à des règles précises qu’il est essentiel de bien comprendre pour éviter les contentieux. Dans cet article, nous revenons sur les différents processus pour licencier un salarié.

Sommaire
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Le licenciement pour motif personnel : une procédure encadrée
Pour licencier un salarié pour motif personnel, la première exigence est d’avoir une cause « réelle et sérieuse ».
Concrètement, le comportement du salarié doit nuire à la bonne marche de l’entreprise. Il peut s’agir de retards répétés, d’absences injustifiées, ou encore d’insuffisance professionnelle. Il est important de noter que le motif peut être lié ou non à une faute : l’inaptitude, par exemple, est un motif de licenciement sans faute.
La procédure elle-même doit être suivie avec rigueur. Elle débute par une convocation à un entretien préalable, envoyée en recommandé. Cette lettre doit clairement mentionner qu’il s’agit d’un entretien préalable au licenciement et informer le salarié de son droit à être accompagné. Lors de l’entretien, seuls les faits reprochés doivent être abordés. Le licenciement sera ensuite notifié en respectant scrupuleusement les délais légaux.
⚠️ À noter : pour ce type de procédure, il est vivement conseillé de se faire accompagner par un avocat en droit social. Ta protection juridique peut d’ailleurs couvrir ces frais.
Le licenciement économique : des règles variables selon la taille
Le licenciement économique intervient pour des raisons indépendantes du salarié : difficultés financières, réorganisation nécessaire, mutations technologiques… Sa complexité varie selon l’ampleur du projet.
Pour un licenciement économique individuel, tu devras proposer un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) et informer le CSE si ton entreprise en dispose (ce dernier point dépend de ton nombre de salariés).
⚠️ En revanche, si le projet concerne plus de 10 personnes, la procédure se complexifie considérablement : consultation obligatoire du CSE, mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi au-delà de 50 salariés, information de la DREETS… Là encore, ces démarches nécessitent généralement un accompagnement professionnel.
La rupture conventionnelle : une solution consensuelle
La rupture conventionnelle représente souvent une alternative intéressante quand employeur et salarié s’accordent sur la séparation. Cette procédure, bien qu’encadrée, offre plus de souplesse qu’un licenciement tout en garantissant les droits du salarié, notamment son accès aux allocations chômage.
La démarche se déroule en plusieurs temps : un ou plusieurs entretiens permettent d’établir les conditions de la rupture, suivis de la signature d’une convention. Un délai de rétractation de 15 jours s’applique ensuite, avant l’homologation par la DREETS. Une indemnité légale, calculée selon l’ancienneté, devra être versée.
La démission et l’abandon de poste : deux départs à l’initiative du salarié
La démission représente la forme la plus directe de départ à l’initiative du salarié. Elle implique généralement un préavis, sauf dans certains cas spécifiques comme une démission pendant la grossesse ou pour création d’entreprise. Bien que la forme écrite ne soit pas toujours obligatoire, une lettre recommandée reste préférable pour éviter tout litige.
L’abandon de poste, lui, constitue une situation plus complexe. Souvent choisi pour accéder aux droits au chômage (plus difficiles à obtenir après une démission), il place l’employeur dans une position délicate. Sans procédure légale définie, certaines entreprises choisissent d’émettre des bulletins de paie à zéro jusqu’à ce que la situation se débloque.
Les obligations finales : des documents incontournables
Quelle que soit la forme de rupture choisie, certains documents doivent impérativement être remis au salarié sortant : le solde de tout compte, l’attestation pour France Travail, le dernier bulletin de paie et le certificat de travail. Ces formalités administratives clôturent officiellement la relation de travail.
La rupture d’un contrat de travail reste toujours un moment sensible dans la vie d’une entreprise. Quelle que soit la modalité choisie, trois principes essentiels doivent guider ta démarche : le respect scrupuleux des procédures, la conservation des preuves écrites, et une communication claire avec le salarié concerné. Enfin, garde à l’esprit que la façon dont tu gères les départs impacte aussi l’image de ton entreprise et le moral des autres salariés. Et si tu souhaites en savoir plus sur la gestion des collaborateurs de ton entreprise, lis également cet article : 5 démarches liées au cycle de vie de tes collaborateurs !
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